Histoire et Patrimoine des Lucs sur Boulogne

05 juillet 2022

La dernière nuit de Charette

La dernière nuit de Charette en tant que "homme libre"

Récit de Monsieur Pierre Parois le 23 mars 1996 à la Pellerinière des Lucs, organisée par l'organisation Lucus avec le concours de Monsieur Marie, le propriétaire de La Pellerinière, Monsieur Gaillard président de l'association Lucus, Monsieur Dominique Rousseau, créateur de la stèle du souvenir avec Monsieur Claude Bossard.

Sont présents: MM de Charette et sa fille, Paul Bazin maire des Lucs, le curé des Lucs Raymond Gilbert, l'abbé Chantreau Président des Amis de Legé, le docteur Suard du Comité nantais de "célébration Charette 96", les "beucquots d'aux Lucs", groupe de danse vendéenne.

Le lieu de départ des évènements :

A la limite des Lucs et de Mormaison, proche de la rivière "la Boulogne" et du ruisseau "la rue" , la Pélerinière (ou Pellerinière) était un petit hameau isolé dont l'origine du nom viendrait de l'exploitation du lin : "Prélinière" venant de "pré au lin" puis Pélerinière. 

En 1794, la première métairie de la Pellerinière était louée par Jean Pogu avec son épouse Marie Minaud, leurs quatre enfants et sa belle soeur Jeanne Minaud. Son frère René Pogu de Mormaison y avait laissé sa femme, Marie Mandin, pensant qu'elle serait en sécurité. Ils furent tous massacrés le 28 février 1794 :  Jean Pogu, Marie Minaud son épouse, leurs enfants Marie, Magdelaine, Jean (5 ans), Pierre (22 mois), Marie Mandin, la femme de René et leur fille Marie (20 ans). Un autre frère de Jean Pogu, Pierre fut tué le même jour ainsi que sa femme Jeanne Minaud et leur fille Jeanne.

René Pogu, resté à Mormaison a survécu; son fils René, resté avec lui, aura une nombreuse descendance dont plusieurs familles des Lucs et de Mormaison à l'origine du travail de généalogie de la famille que nous remercions. Descendants également en ligne directe de René, nous trouvons MM Dominique Chabot, président de Beaufou Patrimoine et Jean-Bernard Piveteau, président de l'association Lucus des Lucs-sur-Boulogne.

Charette

L'autre métairie avait été donnée en métayage à Nicolas Delomeau en 1782 puis à sa mort en 1787 à son frère Jean Delomeau, sa femme Marie Guilbaud et leurs deux enfants ainsi qu'à Jeanne Guilbaud, veuve de Pierre Delomeau. Le 28 février 1794, les deux enfants de Jean Delomeau, Jeanne Guilbaud et trois de ses quatre enfants furent massacrés. Jean Delomeau, n'étant plus en état de continuer son travail, fit appel à son beau-frère Jean Fétiveau, époux de Marguerite Delomeau et leurs cinq enfants. Leurs descendances, comme les Pogu, sont nombreuses aux Lucs.  

Ces épouvantables tragédies familiales comme tant d'autres aux Lucs et dans les paroisses de Vendée peuvent-elles nous laisser imaginer dans quelle détresse et chagrin insurmontables devaient se trouver les survivants ?

La situation en mars 1796

 Charette est poursuivi par quatre colonnes républicaines qui tentent de l'encercler du côté de Rocheservière. Le 22 mars au soir, il leur échappe et arrive à la nuit tombante à la Pellerinière avec 35 hommes. Ils sont trempés car il pleut abondamment. Ils sont tous reçus par Jean Delomeau. Ils se sèchent à la cheminée, mangent un peu et se préparent à se coucher. Charette poste des sentinelles afin de surveiller le nord, côté les Gâts (au-dessus du côteau) vers Rocheservière et le sud, côté la Davière vers les Lucs.

 Après une nuit très calme, vers 7h30 du matin, la sentinelle des Gâts signale une troupe venant de Rocheservière. Il faut repartir très rapidement mais pas vers les Lucs, c'est trop risqué et ils sont à découvert. Impossible de passer par le moulin de Gâtebourse sur la Boulogne car la rivière déborde. Charette a alors une idée: il va longer la Boulogne en partant vers les Gâts dans le bas du côteau. Les Bleus, eux arrivent au sommet du côteau et avec la végétation, ne distinguent pas ces 35 hommes qui se faufilent discrètement.

Arrivés assez rapidement à un passage à gué peu profond (une planche), Charette et sa troupe s'engagent non pas dans la Boulogne mais dans un ruisseau appelé "la Rue" qui indique la limite de Mormaison et des Lucs. Ils vont ainsi marcher tant bien que mal dans le lit du ruisseau pendant environ 900 mètres et toujours dissimulés. Ils décident de sortir du ruisseau et remonter vers le hameau de la Gélussière. 

parcours 1

De la Gélussière, Charette et sa troupe se dirigent vers l'est sur environ 500 mètres puis redescendent dans le vallée de la Rue.

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09 mai 2022

La météorite des Lucs

"Faits Divers du Département" -

météorite photo

Le vendredi 5 de ce mois de novembre 1841, un globe de feu d'une clarté éblouissante et accompagné d'une forte détonation, a été vu traversant l'espace à grande vitesse dans les environs de Bourbon-Vendée (La Roche-sur-Yon). Le bruit s'est aussitôt répandu qu'un événement extraordinaire avait eu lieu dans le pays, et on a même dit que l'île d'Yeu avait été engloutie. On a appris depuis que le météore vu dans les environs de Bourbon avait été remarqué sur plusieurs autres points de la contrée, et notamment à Rocheservière, où il a été suivi de la chute d'une pierre qui est tombée près de plusieurs cultivateurs effrayés, dans un champ du village de St-Christophe (St Christophe-La Charteuse), en y faisant une excavation d'environ douze à quinze centimètres de profondeur. Cette aérolithe qui pèsent cinq kilogrammes-et-demi, ressemble à une pierre calcinée ; cette pierre, qui dans l'intérieur parait formée de fer, de soufre et de silice, a été recueillie par M. Mercier (des Lucs) qui se propose de la soumettre à une analyse chimique.

  Le Journal de la Vendée indique que l'aérolithe est tombée sur la commune de Rocheservière. Il semble bien que la chute ait eu lieu sur la commune des Lucs, ainsi qu'en fait foi le jugement du tribunal de Bourbon-Vendée et le texte publié dans l'ouvrage de Cavoleau, revu et annoté par A. de La Fontenele de Vaudoré, en 1844. Un doute subsiste sur l'endroit exact où fut trouvé l'aérolithe.

Ce phénomène donna lieu à un procès assez curieux qui alla se dérouler jusque devant le tribunal de Bourbon-Vendée.

méréorite

Un passant dont le nom n'est pas cité [le procès indique François Douillard] ramassa cette pierre étrange et la vendit à un amateur du nom de Amédée Hippolyte Mercier de Grammont. Aussitôt Jean Vollard, le propriétaire du champ, prétendit qu'on le lésait et que l'aérolithe lui appartenait parce qu'il était tombé dans son champ. Mercier au contraire soutint que la pierre, avant sa chute n'étant la possession de personne, elle devait lui appartenir par la raison de premier occupant. Le cas était embarrassant et, vu sa rareté, n'avait point été prévu par le Code. Les débats furent laborieux et la question des objets trouvés fut examinée sous toutes ses formes. Le cas était embarrassant et, vu sa rareté, n'avait point été prévu par le Code. Les débats furent laborieux et la question des objets trouvés fut examinée sous toutes ses formes.

Enfin le tribunal, après un long examen, rendit un non moins long jugement, où les plaideurs en avaient, comme on dit, pour leur argent. S'appuyant sur seize considérants dont quelques uns étaient ingénieusement trouvés, les juges déboutèrent Vollard de sa demande. »                                                                                                                   

La roche, décrite scientifiquement par Daubrée (1880) puis surtout par A. Lacroix (1906), est une chondrite à olivine et hypersthène (type L. 6). La masse principale (4,7 kg) est aujourd’hui exposée au Muséum d’Histoire naturelle de Nantes, tandis que quelques fragments sont conservés dans d’autres musées (Paris, Chicago, Vienne, Londres). Elle faisait 5,5 kg à l'origine.

Du 15 septembre au 1er octobre 2009, lors d'une exposition à l'Historial, organisée conjointement par Lucus et L'Historial sur le thème de l'histoire de la pierre aux Lucs-sur-Boulogne, les visiteurs eurent le plaisir de l'admirer.

 

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22 avril 2022

Agenda, actualités

 

 Notre prochain rendez-vous le dimanche 18 septembre :

  

15 août 2022 Chemin de fleurs à la chapelle du Petit Luc pour l'Assomption.

Comme au temps des Fête-Dieu.

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Magnifique.

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 Un grand bravo à toute l'équipe.

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